J’ai rapidement parcouru le rapport de la Cour des Comptes sur le déficit des retraites. La cour a essentiellement refusé de se prononcer sur la question qui lui était posée, c’est-à-dire de distinguer les recettes normales du système de ce qui constitue une subvention. Pour la cour, il y a ce qui rentre et ce qui sort, et le solde est qualifié d’excédent du système. Et qu’importe, semble-t-il, que les cotisations des actifs ne représentent que 65% des resources. Le travail demandé était de distinguer dans les 35% restant ce qui relevait de transferts économiquement logiques—comme la compensation des exonérations de cotisations sur les bas salaires, ou le paiement de prestations de solidarité non contributives—et ce qui relevait de la subvention. Subvention qui, privant d’autant le reste des administrations publiques de recettes fiscales, gonfle d’autant le déficit public global. Ce travail n’ayant pas été fait, les travaux de Jean-Pascal Beaufret, qui font état de 81 milliards de déficit, resteront la référence.
