Sur le niveau scolaire, on entend souvent l’argument rassuriste suivant : “il y avait 4% de diplômés du supérieur en 1960, 55% aujourd’hui”. C’est totalement occulter la dépréciation des exigences. Je vous partage ici le bac d’anglais 60/61 (deux sessions pour deux semestres à l’époque).

Perso’, j’adore. Stimulant, exigeant, et déjà transdisciplinaire avant qu’on en fasse un totem de la mission. Emerson et Thoreau comme figures anti-modernes et comment leur pensée peut s’articuler à la question coloniale. Les attentes en cultures historique et littéraire sont imposantes. Un enseignant qui donnerait ces sujets en Terminale aujourd’hui se ferait brutalement recadrer.

Je vous invite à regarder les épreuves d’anglais des concours pour rentrer à l’ENS, Polytechnique, Mines, Ponts&Chaussées, etc. Je suis catégorique : alors que l’anglais est plus facile d’accès avec internet, le bac 1961 est plus exigeant que les concours ci-mentionnés. J’en sais quelque chose, j’en ai écrit quelques-uns moi-même.

Alors, je veux bien qu’on dise qu’on a eu raison de voir à la baisse les attentes dans le cadre scolaire. Je peux l’entendre, je crois que je le pense aussi. Mais je pense qu’on est allé trop loin dans l’ajustement, et je suis assez en colère contre ceux qui nient même le phénomène. La baisse du niveau, c’est aussi un choix de société dans la forme même prise par l’enseignement.