Avec David Le Bris, nous avons mené un petit exercice d’histoire contrefactuelle dans lequel la France aurait introduit une dose de capitalisation dans son système de retraite en 1982.
Plus spécifiquement, nous imaginons le cas d’un salarié restant toute sa vie au salaire minimum, commençant à travailler en 1982 et investissant 10 % de son salaire brut dans le CAC 40 tous les mois. Comme le montre le graphique, il aurait accumulé environ 350 000 euros aujourd’hui. Ce capital pourrait être converti en une rente viagère indexée sur l’inflation de 1 512 euros mensuels, soit 300 euros de plus que le montant prévu par le système par répartition existant, malgré un taux de cotisation plus de deux fois plus élevé.
D’après le dernier rapport du COR, le rendement de la répartition pour la cohorte de 1960 sera de 1,6 %. À un tel rendement, ces mêmes 10 % de cotisations accumulées ne vaudraient que 114 000 euros aujourd’hui, soit trois fois moins.
Depuis 1982, le CAC 40 a subi de nombreux krachs boursiers : 1987, 2001, 2008 et 2020. Mais même au plus bas de chacune de ces crises, la valeur du portefeuille est restée au-dessus du rendement de la répartition. Et ce, alors même que la cohorte de 1960 a bénéficié d’un rendement de la répartition nettement supérieur à celui promis aujourd’hui aux jeunes actifs.
Pourquoi 1982? Nous expliquons les circonstances de l’époque dans une tribune du Figaro Vox (lien dans le tweet suivant). Mais pour faire bref, c’est l’année où François Mitterrand a profité de circonstances démographiques exceptionnellement favorables pour réduire l’âge de départ à la retraite de 65 à 60 ans. Ces circonstances favorables auraient permis d’introduire en douceur une dose de capitalisation.
