Comme prévu, Bayrou a présenté son projet de budget pour 2026, dont les “économies” se bornent à ne pas augmenter les principaux postes, manœuvre qu’il appellera pompeusement “année blanche” histoire de se donner une consistance (du blanc en neige, donc).

Bien évidemment, cette “année blanche” voudrait dire essentiellement ne pas augmenter les budgets à concurrence de l’inflation et de l’augmentation “naturelle” des besoins, ce qui permet d’annoncer une “économie” (parfaitement artificielle) de ~40 Md€. Si on avait décidé d’augmenter “naturellement” de 200 Md€, on aurait pu annoncer crânement autant “d’économies” avec ce petit jeu débile.

Ce n’est bien sûr toujours pas une baisse, ce n’est toujours pas un nettoyage musclé des finances, et ça ne ressemble pas à un redressement du pays, même de loin, même pour rire, même sur un malentendu.

Et malgré tout, ce vieux tromblon de la politique française comprend bien que cette non-augmentation des dépenses signifie des hurlements de la plupart des gauchistes de l’Assemblée (i.e. à peu près tous les députés), ainsi que d’une écrasante majorité des syndicalistes, des fonctionnaires, des retraités et des assistés du pays. L’horreur. Quasiment l’austérité !

Et donc, pour faire passer la pilule, il dégoupille une grenade (“et on va sucrer 2 jours fériés aussi tant qu’on y est, ahem bon voilà voilà”) qu’il jette au milieu des rédactions des journaux nationaux dont les pisse-copies, trop heureux d’avoir enfin compris un truc à faire buzzer, vont reprendre l’idée pour la décliner en mille et un articulets froufroutants de niaiserie.

Moyennant quoi, tout le monde parlera de ces jours à refaire travailler, et plus personne ne regardera la non-baisse des dépenses. François le petit malin pourrait même passer au travers des gouttes et comme, en plus, il sait sa carrière terminée à plus ou moins brève échéance, disons-le tout net, il n’a finalement rien à carrer du résultat final : au moins il aura proposé un truc (ridicule d’insuffisance rendue grotesque avec cette suppression tactique), il a essayé, quoi. Fermez le ban.

C’est une déroute complète, tant sur le plan intellectuel que moral ou financier.

La France est déjà dans le gouffre. Au lieu d’essayer de l’en sortir, ce con l’y pousse encore une fois un peu plus, d’un petit mouvement d’épaule aussi mou que ses propositions.

Pas de couilles, pas d’idées, de direction ou même d’envie de se sauver.

Ce pays est foutu.