Une entreprise est bénéficiaire avec 2 salariés au SMIC pour 50k€ de CA… mais déficitaire avec 1 salarié à 2 SMIC. Ce n’est pas le marché qui crée la trappe à bas salaires — c’est la réglementation.
Le mécanisme
Les allègements de charges (type Fillon/Wladimir) sont dégressifs : ils diminuent à mesure que le salaire monte. Résultat : le coût marginal d’un salarié qualifié est proportionnellement plus élevé que celui d’un salarié au SMIC.
Signal envoyé aux employeurs : multiplier les postes au SMIC plutôt que monter en gamme.
La France est devenue championne mondiale de la proportion de salariés au SMIC — alors que c’est censé être un plancher d’exception.
Ce que prend réellement l’État sur le travail (~2009)
| Composante | Montant (salarié moyen) |
|---|---|
| Coût total employeur | ~45 000 €/an |
| Salaire net reçu | ~25 000 €/an |
| Ce que prend l’État | ~20 000 € (44%) |
Et ce 44% n’inclut pas l’IR, la TVA, ni les taxes diverses — le taux réel global dépasse 60%.
La distorsion comptable
En divisant le prélèvement en “patronal” (invisible sur la fiche de paie) et “salarial” (partiellement visible), l’État masque la ponction réelle au salarié. Distinction purement comptable — tout sort de la même valeur créée par le travailleur.
Lien PNA
Ce n’est pas la “cupidité des entreprises” qui piège les travailleurs dans les bas salaires. C’est une réglementation qui rend le travail qualifié plus coûteux que le travail minimal — et qu’aucun acteur de marché libre ne choisirait.