+56,82 % de fonctionnaires en 30 ans pour +13,05 % de population. Pas une anomalie : c’est le comportement attendu d’un acteur sans signal de prix.

Les données (1994-2024)

  • 4,4 M → 6,9 M fonctionnaires officiels ; +1,4 M quasi-fonctionnaires non comptés → ~7 M réels
  • France : 3,4 millions de fonctionnaires de plus que l’Allemagne à population comparable
  • Malgré l’informatisation et la dématérialisation : les effectifs ont continué d’augmenter
  • La part de la fonction publique dans l’emploi total : 19,7 % (1997) → 20,1 % (2022)

Le mécanisme

Les fonctionnaires produisent des réglementations → les réglementations exigent des agents pour les appliquer → ces agents produisent de nouvelles réglementations. Boucle sans fin.

Ce n’est pas de la mauvaise volonté : c’est la logique structurelle d’un acteur sans signal de prix. Une entreprise privée qui embauche trop fait faillite — le marché lui envoie le signal. L’État finance ses embauches par l’impôt : le signal ne lui parvient jamais.

“Les fonctionnaires produisent des normes qui ont besoin de fonctionnaires qui produisent…”

Hayek : sans mécanisme de prix, aucun acteur ne peut savoir s’il produit de la valeur. L’État ne sait pas s’il emploie trop — et n’a aucune raison structurelle de le savoir.

La conséquence

Les gains de productivité de l’informatisation (qui auraient dû réduire les effectifs) ont été absorbés pour produire plus de normes, pas plus de services.

Les usagers ne voient aucune amélioration — ils constatent même une dégradation : déserts médicaux, tribunaux surchargés, campagnes sans guichets. Pourtant la dépense a augmenté.

C’est exactement ce que prédit la théorie : sans signal de prix, l’État optimise sa taille, pas son efficacité.